Oscars 2018 : Hollywood 2.0, grand ménage à Hollywood

M.B

Le vestiaire | Publié le 05/03/2018 20:50 | Mis à jour le 03/04/2018 16:06

oscars 2018 frances macdormand

Guillermo del Toro et les acteurs du films "La Forme de l'eau" oscarisé "meilleur film" de l'année

Grand ménage à Hollywood. McDormand enfonce le clou, Oscar à la main.

Une fois de plus, le tout Hollywood (ou presque) était réuni au célèbre Dolby Theatre de Los Angeles pour la 90ème cérémonie des Oscars. Ouverture archi politique d’entrée de jeu par le présentateur et humoriste Jimmy Kimmel pour la deuxième année consécutive. La langue de bois est restée au vestiaire cette année: d'emblée, Kimmel met les pieds dans le plat en dénonçant le harcèlement, Harvey Weinstein, le manque de diversité sur les plateaux, l’écart de salaires en hommes et femmes, et la quasi hégémonie masculine derrière les caméras. Il annonce cependant une très bonne nouvelle: le lauréat aux remerciements les plus rapides repartira avec un jet ski tout neuf !

Chaque année, les discours des lauréats sont attendus. On se rappelle du speech de Leonardo Dicaprio en 2016, sacré meilleur acteur (The Revenant), qui avait ému la salle sur son engagement pour préserver l'environnement. Cette année, le grand moment de la soirée fût bel et bien le discours de Frances McDormand, lauréate de l’Oscar d’interprétation féminine pour son rôle dans 3 Billboards, les panneaux de la vengeance, a fait soulever le Dolby Theatre. Dans un discours militant, c’est la cause de tous qu’elle a défendu sur scène quand elle invite toutes les catégories à se lever pour conclure en deux mots : « inclusion rider ». Méconnue aux Etats-Unis, l’actrice a ainsi mis un sérieux coup de projecteur sur cette « clause d’inclusion ». Elle permet aux acteurs et actrices d’avoir un droit de regard sur la diversité du casting dans lesquels ls jouent. S’ils estiment par exemple que l’histoire ne justifie pas d’avoir une surreprésentation blanche, ils pourront invoquer cette clause pour inclure des acteurs/ figurants issus de minorités (couleurs, sexes, orientations sexuelles, mobilité...). 

Frances McDormand sacrée meilleure actrice lors de la 90ème cérémonie des Oscars

L’affaire Weinstein, l’effet ricoché qui pénalise Hollywood.

Le grand absent de cette cérémonie était bien évidement Harvey Weinstein, habitué à régner sur cet événement annuel avec au moins une œuvre en lice pour le sacre ultime du meilleur film. Après les révélations sur le roi d’Hollywood, la vague a touché et écarté d’autres artistes des Oscars mais plus largement des plateaux de cinéma. James Franco n’a ainsi pas été nommé pour sa performance dans The Disaster Artist pour laquelle il était grand favori. Casey Affleck a également été prié de ne pas se rendre à la cérémonie pour remettre l’Oscar de la meilleure actrice comme le veut la tradition. Kate Winslet aurait également pu être nommée pour sa performance dans Wonder Wheel de Woody Allen, mais quand on se marie avec sa fille, c’est pareil, en 2018 : out !  Etre mis au ban quand on a des choses à se reprocher ou quand on joue sous la direction de réalisateurs notoirement douteux en pleine période de scandale, passe encore, mais pénaliser un film d’une importance capitale car produit par les frères Weinstein soulève la question des limites de cette chasse aux sorcières. Wind River, enquête policière dans une réserve indienne autour du meurtre d’une jeune femme, parle d’un sujet trop souvent éludé aux Etats-Unis : être indien en Amérique. Pour une fois qu’un film dénonçait intelligemment le cauchemar quotidien des indiens au pays de l’American dream… Jeremy Renner et Elizabeth Olsen n’ont pourtant pas démérité et cette histoire méritait sa place aux Oscars.

Interrogée par Habiba Basiony d’OSN sur le tapis Rouge, Viola Davis confiait : « Pour moi le mouvement #TimesUp n’est pas un simple mouvement, c’est un style de vie ». Salma Hayek a également déclaré qu’il ne s’agissait pas des femmes mais de la diversité dans son ensemble.

 

La cérémonie du changement

Les abus et écarts commis par les producteurs, réalisateurs ou acteurs hollywoodiens ne datent pas d’hier et les révélations à la suite de l’affaire Weinstein n’ont pas vraiment choqué le tout Hollywood. Ne rêvons pas, la fermeture d’esprit, les préjugés, les injustices, les agissements répréhensibles des harceleurs et autres gens bizarres ne s’arrêteront pas demain. Cela dit, le vent du changement est bel et bien entrain de souffler sur le monde du cinéma et les consciences commencent à s’éveiller petit à petit. Jimmy Kimmel l’a dit en ouvrant la cérémonie, l’Académie a voulu donner l’exemple et insuffler un changement positif cette année. Entre films de guerre ou thriller politique, le thème dominant dans la sélection 2018 reste l’amour sous toutes ses formes et l’acceptation de l’autre. Ethique dans le 7ème art, année zéro. Pourvu que ça dure.

Leila Amar

A lire aussi:

Le palmarès des Oscars 2018

 

 

Crédits photos : Getty/ Rob Latour-Shutterstock

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