Qu’est-ce que la Ritaline, le médicament qui séduit de plus en plus de jeunes ?

E.D

Le vestiaire | Publié le 25/07/2018 13:07 | Mis à jour le 26/09/2018 13:44

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La molécule active de la Ritaline est le méthylphénidate, molécule voisine de l'amphétamine

Le méthylphénidate ou plus communément appelé la Ritaline, fait des ravages chez les jeunes. Utilisé pour aider à la concentration, ce psychostimulant est grandement sollicité par les jeunes étudiants en périodes d’examens. Outre-manche, ce produit est surnommé la « kiddy coke » - soit la cocaïne des enfants. Alors, véritable drogue ou simple médicament ?

 

Après les montres connectées rendant service aux consommateurs de drogues, enquête sur la Ritaline, psychostimulant qui peut créer une dépendance chez ses utilisateurs. 

Le café ou les boissons énergisantes ne suffisent parfois plus pour stimuler l’attention des jeunes. Ceux-ci décident donc de se tourner vers une pilule dite miracle. C’est la Ritaline, dont la molécule active, le méthylphénidate, est une particule proche de l’amphétamine. Ce médicament a été prescrit à l’origine pour le traitement du Trouble Déficitaire de l’Attention avec Hyperactivité (TDAH).

Il permettrait de rester plus longtemps éveillé, de se concentrer plus facilement et d'améliorer la mémoire En 2015, un lycéen sur six déclarait avoir pris au cours des 12 derniers mois un produit dans la préparation d’un examen selon une enquête de l’Observatoire français des drogues et de la toxicomanie (OFDT). C’est le cas d’Arthur, 15 ans. Déjà très bon élève, le jeune garçon a voulu « booster » ses résultats. « Je savais qu’un ami en prenait depuis longtemps, alors je me suis renseigné sur Internet », raconte-t-il.

Après trois mois de prise de comprimés, l’adolescent se dit satisfait des effets ressentis : « Ça a bien fonctionné : je me suis senti beaucoup plus concentré que d’habitude en classe, j’avais l’impression de réfléchir deux fois plus vite… » Selon ses dires, sa moyenne a même augmenté d’un point, passant à 15/20. Néanmoins, les résultats du méthylphénidate se sont progressivement estompés jusqu’à disparaître totalement. « Au bout d’un moment, les effets ont disparu. J’avais des troubles du sommeil, je ne mangeais rien, je n’avais plus d’émotion à la fin de la journée… Ma mère m’a demandé d’arrêter. » admet Arthur. Plusieurs jeunes disent avoir consommé de la Ritaline pour un usage similaire.

 

« Je déteste ce médicament. Il m’a rendu timide, asocial » Omar, 17 ans

Faresse, 25 ans, y a eu recours la première fois pour le Bac : « Mon père est pharmacien, il m’en avait mis une boîte de côté. » Sans même avoir testé avant, il en a pris le jour J. S’il n’a pas eu le moindre souci, un de ses amis n’a pas eu la même expérience. « Vingt minutes après, l’un d’entre eux a fait une crise d’épilepsie. Il a découvert sa maladie ce jour-là ! Il a dû passer l’épreuve quelque temps après. » Répertoriés dans un rapport de la Haute Autorité de Santé en 2012, les effets secondaires sont multiples. On y retrouve la « nervosité », l’ « insomnie », l’« anorexie », les « vertiges », les « réactions cutanées ».

« Les médecins qui prescrivent de la Ritaline pour autre chose qu’un TDAH se rendent coupables de délit » Michel Lejoyeux, psychiatre

 

Et des « incertitudes demeurent sur les effets à moyen et long terme, notamment en termes d’événements cardiovasculaires, neurologiques et psychiatriques ». Cela ne surprend pas Michel Lejoyeux, chef du service de psychiatrie et addictologie de l’hôpital Bichat-Claude Bernard, à Paris. Il condamne fermement tout usage détourné de la Ritaline : « Prendre un médicament quand on n’a pas de maladie, c’est une catastrophe.Tous ceux qui le font finissent soit épuisés, soit en échec scolaire. Bref : quand on en prend, on est toujours perdant. » 

Passer d’une puce électrique à un zombi ne semble en effet pas très attrayant D’autant plus que le méthylphénidate peut rendre dépendant: « La Ritaline, tout comme les amphétamines, peut provoquer une addiction psychologique du fait de l’état d’euphorie et d’excitation du produit », alerte Michel Lejoyeux.

Malgré tout, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) relève une hausse du nombre d’utilisateurs de 20% entre 2012 et 2014. Le fameux méthylphénidate n’est pas laissé sur le bord de la table : une étude allemande parue en 2017 met en évidence des capacités cognitives augmentées, et la Fédération Internationale d’Echecs a interdit un psychostimulant proche, le Modafinil.

Passer d’une stimulation démesurée à un état amorphe est le risque de la prise de psychostimulants. La procuration de la Ritaline doit se faire par ordonnance ce qui condamnerait son usage récréatif. Sans TDAH décelé et à forte dose, le méthylphénidate peut entraîner de lourds dégâts sur la santé.

Eulalie Dupont

Crédits photos : plante sante

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