APB : la galère se poursuit pour les étudiants

atikab

Société | Publié le 08/09/2017 10:57 | Mis à jour le 21/09/2017 15:16

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Frédérique Vidal annonce la fin de la plate-forme APB et du tirage au sort à l'université

A quelques jours de la rentrée, 6000 étudiants sont toujours sans affectationPris en étau entre la baisse des APL, les filières saturées et une plate-forme APB désuète, la grogne est en marche pour cette jeunesse désenchantée.

 

En juillet, 87 000 étudiants n’ont pas pu obtenir d’affectation, et ce, malgré leurs inscriptions sur le site APB (Admission Post-bac). A ce jour, ils seraient 6000, d’après le ministère de l’Enseignement supérieur, sans projet pour l'année scolaire 2017/1018.

 

Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, se veut rassurante : « Le ministère fait le maximum pour qu’au 25 septembre, chacun ait eu une proposition. » avant d’annoncer que « la plate-forme APB, telle que nous la connaissons, ce sera effectivement terminé l’an prochain » et d’envisager son remplacement par un nouveau logiciel d’affectation.

  

L’algorithme APB, l’arbre qui cache la forêt

Les maux sont multiples pour expliquer la pénurie de places dans les établissements d'enseignement supérieur. Tout d’abord, relevons que les bacheliers de l’année n’ont plus l’exclusivité sur APB.  

En effet, depuis mars, les bacheliers de l’année, sont en compétition avec les étudiants en réorientation, qui ont également accès à APB. Viennent s’ajouter, les élèves français des lycées français à l'étranger, qui comptent bien faire valoir leurs vœux.

  

De facto, s’opère une augmentation considérable du nombre de candidats, désireux d’accéder à l’enseignement supérieur, heurtés par un protocole d’admission à bout de souffle. Parallèlement,une rude sélection à l'entrée des universités, sévit, insidieusement. 

Un capharnaüm annuel, dont les premiers exclus, sont les profils professionnels et technologiques, issus des milieux populaires.

 

Nous avons rencontré Patricia, mère d’un bachelier de l’année, avec mention « assez bien », décroché dans un établissement scolaire du département du 93. Consternée, Patricia nous rapporte les propos d’un agent de l’Education national : « L’Education nationale n’a pas anticipé le baby-boom de 1999 et n’a pas pris les mesures adéquates pour améliorer les capacités d’accueil des étudiants à venir. L’année prochaine, ce sera pire !»

 

Dans le logiciel d’affectation APB, son fils, Pierre, a rempli 8 vœux. Ce matin, il n’en compte plus que 2. L’étau se resserre pour celui qui envisage de « travailler, pour ne pas rester à ne rien faire ». Pierre regrette le manque d’information autour du protocole « je ne sais pas si je suis sur une liste d’attente ou non, je n’ai aucun contact ni aucune information. »

 

La fin du tirage au sort et la mise en place de prérequis

Avec 90% de réussite au bac et 60% d’échec en première année, se posent les questions de l’orientation des élèves et de l’information autour des différentes filières de cycles supérieurs.

Quid de l’ouverture de classes supplémentaires pour palier à la pénurie de places ?

Des dispositifs, en pourparlers à l’heure actuelle, viendront réformer le système d’admission de l’enseignement supérieur, dont celui de recruter 40 étudiants en service civique, tous rattachés à une université, qui présenteront les différentes filières dans les écoles.

 

2018 verra l’arrêt définitif du tirage au sort dans les universités et la mise en place de prérequis à l’entrée de chaque section.

 

La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal estime que « les filières universitaires ne sont pas faites pour accueillir tous les bacheliers sans préparation » et juge « nécessaire » de regarder les acquis de chaque élève, notamment « ses notes, sa capacité de travail, sa motivation », avant une éventuelle entrée en faculté.

 

Des mesures qui viendraient fragiliser les vœux des étudiants, issus des quartiers populaires, qui subissent, déjà, le joug des inégalités territoriales et l’application de quotas au sein des procédures d’admission.  

 

Pour Pierre, nul doute : « mon ami a été accepté, en filière ingénierie, car il a obtenu une mention bien » avant de continuer « c’est en cherchant du travail, sur un site spécialisé, que je suis tombé sur une offre d’emploi de professeur spécialisé en maintenance industrielle. Cette annonce concerne mon établissement à Saint-Denis (93), dans lequel je suis toujours en attente d’une réponse ».

Victime collatérale d’un recrutement défaillant et d’une plate-forme d’inscription surchargée, Pierre sera-t-il admis pour l’année scolaire 2017/2018 ?

 

Pendant ce temps, les APL (Aides au logement) baissent de 5 euros alors que les frais de scolarité augmentent. Des étudiants décident de reporter, à l’année suivante, leurs projets d’études quand d’autres se réorientent. Les plus aisés, intègrent des écoles privées, quand les moins chanceux optent pour leurs 2e ou 3e choix d’orientation.

Chacun écrira sa propre histoire dont « APB m’a tuer» peut en être le titre.  

 

Les établissements d’enseignement supérieur persistent à pratiquer une sélection élitiste et à imposer des quotas, dans le but de glorifier leurs noms dans les charts des classements internationaux et de maintenir un taux d’excellence à la française.

Des méthodes à la saveur amère, qui se reflètent au classement mondial 2018 du Times higher education, et qui attribue à, l’université de recherches Paris Sciences et Lettres jumelée à l’ENS, la 72e place sur les 100 meilleures universités.

Atika Bakoura

 

 

 

 

 

 

Crédits photos : AFP

Source : AFP

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